Aller au contenu

Enseignants / Épisodes en classe

Fiche enseignant · Épisode 85

Le répit à créer

Seconde générale et technologique, enseignement optionnel de management et gestion

Le lien à donner à la classe

/entreprises/episode/repit-a-creer?hasard=12

Tout le groupe joue le même trimestre, sous le même tirage (n° 12). Les élèves jouent sans compte ; jouez l'épisode une fois avant la séance. Ouvrir l'épisode

Épisodes manager · sur devis. Vos élèves le jouent dans une cohorte de votre établissement, dont la licence inclut les épisodes manager : ils la rejoignent par son code, sans compte, puis ouvrent le lien ci-dessus. Demander un devis

Créer une cohorte avec cet épisode

Ce que l'épisode enseigne

Une bonne idée ne suffit pas à faire un projet : il faut vérifier le besoin chez ceux qui l'ont, choisir une forme qui permet d'agir, trouver des alliés, calculer qui paie quoi, et montrer à quoi le projet sert. L'erreur classique consiste à se dire que le besoin est évident et à ouvrir vite, seul, gratuitement, puis à compter les passages. Dans l'épisode, Alix Fournier fait des soins à domicile pour l'Association Solvanne, à Dijon, et veut créer un accueil de répit : une demi-journée où la personne aidée est accueillie pendant que l'aidant souffle. Le service suit 120 familles, et environ une sur quatre a un aidant épuisé, soit une trentaine d'aidants. Les familles rencontrées ne veulent pas le mardi mais le samedi après-midi, avec un transport ; un service de Solvanne peut ouvrir dès la semaine 8, une association nouvelle pas avant la semaine 12 ; la mairie prête une salle et des bénévoles formés permettent d'ouvrir plus. L'élève découvre qu'une demi-journée de six places coûte 108 €, qu'une participation de 5 € par famille, une subvention et un mécène local la font tenir, qu'un prix qui couvre tout (18 €) vide l'accueil, et qu'un financeur renouvelle son aide quand on lui montre des heures de répit, des familles aidées et une fatigue qui baisse.

À la fin de la séance

  • Je vérifie un besoin en interrogeant les personnes concernées, et je sais dire ce qu'un sondage ne dit pas (le jour, l'heure, le transport).
  • Je calcule une part d'une population (une famille sur quatre) pour estimer le public d'un projet.
  • Je compare des formes juridiques simples selon le délai, l'assurance et la possibilité de recevoir une subvention.
  • Je calcule le coût d'une demi-journée et ce que la participation des familles en couvre, pour savoir ce qu'il reste à financer.
  • Je choisis des indicateurs qui montrent l'utilité sociale d'un projet, et je distingue la qualité d'un choix du résultat obtenu sous un tirage.

Prérequis. Aucun prérequis de gestion : une fraction, une multiplication et une soustraction suffisent. La notion d'aidant et celle d'association peuvent être présentées en cinq minutes avant de jouer.

La séance, en 1 h 30

  1. 10 min

    Lancement

    Vous envoyez le lien /entreprises/episode/repit-a-creer?hasard=12 : toute la classe joue le même trimestre, sous les mêmes aléas. Les élèves jouent en binôme. Vous lisez le message de Mme Bernard (« Je n'ai pas eu une après-midi à moi depuis un an ») et vous demandez de noter sur papier le nombre d'aidants épuisés estimé en semaine 1, avec son calcul, et la façon choisie de vérifier le besoin.

  2. 30 min

    Le trimestre

    Les binômes jouent les six décisions et lisent leur bilan. Vous circulez sans corriger, et vous relevez la façon de vérifier le besoin (semaine 1), la forme du projet (semaine 2) et le modèle économique (semaine 8), où la classe se partage souvent entre la gratuité, la participation et le mécène unique. Un binôme qui a fini tôt calcule le prix qui couvrirait tous les coûts d'une demi-journée.

  3. 10 min

    Correction du calcul de la semaine 1

    Vous inscrivez au tableau les nombres relevés, puis vous refaites le calcul avec la classe : 120 familles suivies, une sur quatre, soit 30 aidants épuisés. Vous faites expliquer les valeurs éloignées (480, 90 ou 15). Vous ajoutez que le modèle tire le nombre réel autour de 30 (31 sous le tirage de la classe) : une estimation n'est pas un comptage, et c'est pour cela qu'on va voir les familles.

  4. 15 min

    Les décisions où la classe s'est partagée

    Vous comptez à main levée les choix de la semaine 1, de la semaine 2 et de la semaine 8. Pour la semaine 1, faites comparer ce que dit le sondage (90 % de oui, aucun jour) et ce que disent les familles rencontrées (le samedi, un transport). Pour la semaine 2, faites lire la source de l'assureur : un groupe d'amis sans forme n'est couvert par personne. Pour la semaine 8, faites calculer au tableau une demi-journée : 90 € de salariée, 3 € par personne pour six personnes, 5 € de participation par famille.

  5. 15 min

    Le bilan des trente tirages

    Sous le tirage n° 12, « Écouter, s'appuyer, calculer » finit à 23 k€ de valeur créée, « Ne rien préparer » à 4 k€ et « Aller vite, et seul » à 2,6 k€. Vous faites remarquer deux surprises : le fonds n'a pas accordé la subvention de démarrage, même au bon projet, et ceux qui ont commencé sans forme n'ont pas eu d'accident. Sur les trente tirages, partir sans forme perd pourtant 6,4 k€ en moyenne et ne fait jamais mieux. C'est le moment de séparer la qualité d'une décision de son résultat.

  6. 10 min

    Synthèse

    Vous écrivez au tableau les six étapes du projet, chacune avec sa question : qui en a besoin, et quand ? sous quelle forme ? avec qui ? pour quelle date, en remontant le temps ? qui paie quoi ? comment montrer que ça sert ? Le prolongement peut être donné en travail personnel.

Le corrigé du calcul de la semaine 1

La question : le nombre d'aidants épuisés parmi les familles suivies par Solvanne. Repère : 120 familles suivies, environ une sur 4.

30 aidants épuisés

  1. Source « Compter les aidants épuisés dans les dossiers du service » : le service suit 120 familles dans le quartier.
  2. Même source : environ une famille sur quatre a un aidant qui dit être épuisé.
  3. Une sur quatre, c'est diviser par 4 : 120 / 4 = 30 aidants épuisés.
  4. C'est une estimation : le nombre réel, tiré par le modèle, tourne autour de 30 (31 sous le tirage de la classe). L'épisode juge la prévision juste à 3 aidants près, proche à 8.

Les erreurs qu'on verra

  • 480 aidants épuisés : Les 120 familles multipliées par 4 au lieu d'être divisées : « une sur quatre » est une part, pas un multiplicateur.
  • 90 aidants épuisés : Les trois quarts comptés au lieu du quart (120 × 3 / 4) : ce sont les familles dont l'aidant n'est pas épuisé.
  • 15 aidants épuisés : Le nombre de familles qu'on propose de rencontrer en semaine 1, pris pour le nombre d'aidants épuisés.

Les réflexes que vous verrez

  • Décision 1 · Une idée chez les familles

    « Ne rien vérifier : le besoin est évident, autant gagner du temps »

    Pourquoi c'est tentant : Tout le monde sait que les aidants sont fatigués : vérifier, c'est perdre du temps.

    Ce qui permettait de l'éviter : Les trois familles rencontrées pendant les tournées disent toutes la même chose : le samedi après-midi, et un transport ; Mme Bernard fait ses courses le mardi. Sabine Vautrin conseille d'aller voir les familles avant d'acheter quoi que ce soit. Savoir qu'elles sont fatiguées ne dit ni le jour, ni l'heure. Rejoué sur les trente tirages à la place des quinze familles rencontrées, ne rien vérifier perd 5,4 k€ en moyenne et ne fait jamais mieux.

  • Décision 2 · Choisir la forme du projet

    « Commencer entre amis, sans forme, pour ouvrir plus tôt »

    Pourquoi c'est tentant : Pas de papiers, on ouvre plus tôt : on verra la forme plus tard.

    Ce qui permettait de l'éviter : L'assureur de Solvanne prévient : un groupe d'amis sans forme n'est couvert par personne, et aucun financeur ne lui verse d'argent. Eudoxie Rambourg montre qu'un service de Solvanne ouvre dès la semaine 8, avec l'assurance, la comptabilité et les salariés qui existent déjà. Sous le tirage de la classe, aucun accident n'est arrivé ; rejoué sur les trente tirages, partir sans forme perd pourtant 6,4 k€ en moyenne et ne fait jamais mieux.

  • Décision 3 · Réunir les acteurs

    « Tout faire vous-même, pour ne dépendre de personne et aller vite »

    Pourquoi c'est tentant : Faire tout soi-même, c'est ne dépendre de personne et avancer à son rythme.

    Ce qui permettait de l'éviter : La liste de ce que chacun apporte : la mairie prête une salle le samedi, des bénévoles formés permettent d'ouvrir plus de demi-journées, et le fonds finance plus volontiers un projet que la mairie et des bénévoles soutiennent déjà. Seule, Alix n'ouvre que deux demi-journées par semaine. Rejoué sur les trente tirages à la place de la réunion des acteurs, tout faire seul perd 8,6 k€ en moyenne et ne fait jamais mieux.

  • Décision 4 · Le calendrier d'ouverture

    « Ouvrir dès la semaine prochaine, et régler les détails ensuite »

    Pourquoi c'est tentant : Les familles attendent : ouvrir dès la semaine prochaine, et régler les détails ensuite.

    Ce qui permettait de l'éviter : La liste de ce qui doit être prêt (la salle, l'assurance, les bénévoles formés, le goûter, les familles prévenues par leurs soignants) prend environ trois semaines, et les familles ne viennent que si leur soignant leur en parle. Gérard Lamy le constate : il manquait le goûter, et personne ne savait que l'accueil était ouvert. Rejoué sur les trente tirages à la place du calendrier remonté étape par étape, ouvrir tout de suite perd 3,9 k€ en moyenne et ne fait jamais mieux.

  • Décision 5 · Le modèle économique

    « Un accueil gratuit pour toutes les familles, payé par les subventions »

    Pourquoi c'est tentant : Gratuit, personne n'est arrêté par le prix : c'est le plus juste pour des familles fatiguées.

    Ce qui permettait de l'éviter : Le calcul du seuil montre qu'une participation de 5 € par famille, une subvention et un mécène local de 1 500 € font tenir l'accueil ; le fonds dit aimer les projets où les familles participent un peu. Gratuit, des familles réservent et ne viennent pas, et les places restent vides. Rejoué sur les trente tirages à la place de la participation, l'accueil gratuit perd 3,3 k€ en moyenne et ne fait jamais mieux.

  • Décision 6 · Mesurer l'utilité sociale

    « Compter les passages : le nombre de visites dit tout »

    Pourquoi c'est tentant : Le nombre de visites, c'est simple, ça ne coûte rien, et ça montre que l'accueil marche.

    Ce qui permettait de l'éviter : Le fonds dit ce qu'il appelle utilité sociale : combien d'heures de répit, combien de familles aidées, et si les aidants sont moins épuisés qu'avant ; un questionnaire de cinq questions, rempli à l'arrivée puis un mois après, prend deux minutes. Compter les passages ne dit pas si les aidants vont mieux, et la subvention de 12 000 € de l'an prochain en dépend. Rejoué sur les trente tirages à la place des trois chiffres, il perd 6,4 k€ en moyenne et ne fait jamais mieux.

Les questions du débrief

  1. En semaine 1, certains ont pensé à l'argent, d'autres à la salle, d'autres aux familles. Qu'est-ce que les familles rencontrées ont appris à Alix qu'aucun sondage ne lui aurait dit ?
  2. Un service de Solvanne, une association nouvelle, une coopérative, un groupe d'amis : qu'est-ce qui change d'une forme à l'autre ? Pourquoi la forme la plus libre est-elle la plus lente ?
  3. Une demi-journée de six places coûte 108 €. Que paient les familles avec une participation de 5 € ? Qui paie le reste ? Pourquoi un prix de 18 €, qui couvre tout, ferait-il moins de bien ?
  4. La grande surface proposait de tout payer. Sur les trente tirages, ce mécène unique fait mieux 13 fois, et perd 3,4 k€ en moyenne. Sous le tirage n° 12, il s'est retiré en semaine 11. Pourquoi un seul payeur rend-il un projet fragile ?
  5. Sous le tirage n° 12, ceux qui ont commencé sans forme n'ont pas eu d'accident. Leur choix était-il bon pour autant ? Qu'aurait coûté une chute dans la salle, sans assurance ?
  6. Quels trois chiffres montrez-vous au fonds pour qu'il renouvelle son aide ? Formulez votre réponse en une phrase.

Pour prolonger, sur papier

Un club sportif veut ouvrir un accueil de répit deux demi-journées par semaine, pendant 10 semaines. Une demi-journée accueille 6 personnes ; elle coûte 96 € d'animation, plus 4 € de goûter et de matériel par personne. Chaque famille paie 6 € par demi-journée. 1) Combien coûte une demi-journée pleine ? 2) Combien les familles en paient-elles, et combien reste-t-il à financer ? 3) Combien faut-il trouver en subventions et en mécénat pour les 10 semaines ? 4) Quel prix faudrait-il demander à chaque famille pour tout couvrir ? 5) Une demi-journée, c'est 4 heures de répit pour chaque aidant ; une heure vaut 30 €. Combien d'heures de répit, et quelle valeur, sur les 10 semaines si toutes les places sont prises ?

Le corrigé

1) 96 + 6 × 4 = 96 + 24 = 120 €. 2) Les familles paient 6 × 6 = 36 € ; il reste 120 − 36 = 84 € à financer. 3) 2 demi-journées × 10 semaines = 20 demi-journées ; 20 × 84 = 1 680 €. 4) 120 / 6 = 20 € par famille, plus de 3 fois la participation prévue. 5) 20 demi-journées × 6 aidants × 4 heures = 480 heures de répit, soit 480 × 30 = 14 400 €.

Ce qu'on évalue

  • L'estimation de la semaine 1 est juste (120 / 4 = 30), et l'élève sait dire qu'il s'agit d'une estimation à vérifier auprès des familles.
  • Le choix de la façon de vérifier le besoin est justifié par ce qu'il apprend (le jour, l'heure, le transport), et non par sa rapidité.
  • La forme du projet est choisie en comparant le délai, l'assurance et l'accès aux financements.
  • Le coût d'une demi-journée et la part payée par les familles sont calculés juste, et le reste à financer est identifié.
  • L'élève distingue, sur une de ses décisions, la qualité du choix lue sur les trente tirages et le résultat obtenu sous le tirage n° 12.

Jamais le résultat obtenu dans le jeu : il dépend du hasard, et c'est toute la leçon du bilan.

À relire avant la séance

L'épisode présente les formes juridiques de façon très simplifiée, au niveau de la seconde : la création d'une association (statuts, assemblée constitutive, déclaration en préfecture), une société coopérative d'intérêt collectif associant une commune et l'accueil de personnes dépendantes par des bénévoles relèvent de règles que l'épisode ne détaille pas. Un accueil de jour ou de répit réglementé suppose aussi une autorisation et un encadrement que l'épisode ne traite pas : à signaler aux élèves comme une limite du jeu.

Choisir ma simulation